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Protéger les installations industrielles des tempêtes

New-York privé d’électricité, son métro inondé, et partout le chaos. Ces images ont fait le tour du monde. Fin octobre 2012, l’ouragan Sandy, dix-huitième cyclone tropical de la saison, dévastait la côte nord-est des Etats-Unis, provoquant des dizaines de milliards de dollars de dégâts matériels. Si les tempêtes peuvent provoquer d’importants dégâts, il existe des solutions de prévention et de protection permettant de réduire leurs conséquences. Focus sur ces solutions avec Lou Gritzo, vice-président et responsable de la recherche chez FM Global.

 

 

Selon le rapport publié début juillet par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), intitulé « Le climat dans le monde (2001-2010), une décennie d’extrêmes climatiques », la planète aurait observé plus de 500 tempêtes au cours de la dernière décennie, laissant derrière elles des dommages estimés à 380 milliards de dollars, dont 54 milliards de dollars de dommages assurés pour la seule année 2012*. Elles s’appellent Katrina, Sandy, Andrew ou Hugo aux Etats-Unis, mais aussi en France, Martin, Lothar, Klaus, Xynthia ou, plus récemment, Andréa… Plus courantes que l’on ne l’imagine, ces tempêtes seraient à l’origine de 9 % de l’ensemble des pertes subies au cours des dix dernières années par les sociétaires de FM Global, avec une moyenne de 380 millions de dollars par an.

Ce même rapport souligne également que l’activité cyclonique a été plus active que jamais dans l’Atlantique Nord au cours de cette période avec une  moyenne de 15 tempêtes nommées chaque année. Si la France ne connaît pas, contrairement aux Etats-Unis, de saison des ouragans, de violentes dépressions peuvent s’abattre sur ses côtes. Ainsi, dix ans après les dévastateurs Lothar et Martin, Klaus, une violente dépression s’abattait sur ses côtes le 24 janvier 2009 et balayait le sud-ouest du pays. D’une intensité exceptionnelle avec des vents dépassant les 190 kilomètres par heure sur le littoral méditerranéen de l’Aude et des Pyrénées Orientales, Klaus a laissé derrière lui une facture d’environ 1,4 milliard d’euros selon les assureurs. L’hexagone reste donc concerné par un aléa aux conséquences économiques considérables, dont l’occurrence semble même se renforcer.

 

Protéger les installations des tempêtes

Les spécialistes de l’OMM, bras armé de l’ONU sur les questions climatiques, observent que les tempêtes ont fait 16 % de victimes en moins qu’au cours de la décennie précédente, alors même que les régions exposées à ces catastrophes naturelles sont de plus en plus peuplées. Une baisse due en grande partie à l’amélioration des systèmes d’alerte précoce et des mesures de prévention.

Si les Etats parviennent à protéger leurs citoyens, les entreprises peuvent faire de même. « L’expérience de Katrina en 2005 montre que la moitié des sites touchés par l’ouragan qui avaient pris la précaution de suivre nos recommandations ont déclaré 85 % de dommages en moins, soit une économie moyenne d’un million d’euros par bien », rappelle en préambule Lou Gritzo, vice-président et responsable de la recherche chez FM Global. Fort de plusieurs décennies d’expérience et de recherche, notamment au laboratoire d’étude des risques naturels de son Pôle de recherche, FM Global recommande, afin de protéger l’activité de ses sociétaires contre les risques liés aux tempêtes :

  • de sécuriser l’intégrité de l’enveloppe extérieure du bâtiment en renforçant la liaison toiture-bâtiment. « C’est le réflexe le plus important », précise Lou Gritzo. Cela passe principalement par le renforcement des fixations de la toiture dans les angles, là où la pression est la plus forte, et de la bande de rive extérieure à l’aide de vis « ingénieusement » réparties ;
  • de renforcer l’ancrage des équipements au sol ou en toiture, qui offrent la prise au vent la plus importante et peuvent rapidement se transformer en véritables projectiles volants ;
  • de travailler enfin sur les ouvertures du bâtiment comme les fenêtres susceptibles, une fois brisées, de laisser le vent et l’eau s’infiltrer au péril des équipements, du mobilier ou des stocks de produits. « Les ingénieurs conseil FM Global recommandent notamment de couvrir les vitres d’un film protecteur afin d’éviter qu’elles ne cassent au moindre impact », poursuit-il. Selon Swiss Re*, lors du passage de l’ouragan Sandy, les dommages assurés aux bâtiments commerciaux étaient causés pour 65 % à 70 % par les inondations consécutives au bris de fenêtres ou de portes.

 

Préserver la continuité d’activité des risques liés aux tempêtes

Au-delà des recommandations relatives à la protection physique des installations industrielles, FM Global cherche à préserver la continuité d’activité de ses sociétaires grâce à une planification adéquate de la continuité de l’activité. « Les dommages matériels ne représentent que la partie visible de l’iceberg. L’interruption de la chaîne d’approvisionnement et de distribution, les pertes de parts de marché ou le défaut de réputation sont autant de préjudices collatéraux à intégrer dans la stratégie », prévient Lou Gritzo. C’est pourquoi les ingénieurs conseil de FM Global évaluent la capacité de l’entreprise à pallier les interruptions de courant, fréquentes en cas de tempêtes, ou l’impact sur la chaîne de production d’un fournisseur ou d’un sous-traitant exposés aux typhons à l’autre bout de la planète. « L’objectif est de continuer à pouvoir produire en toutes circonstances pour préserver sa part de marché, voir l’augmenter, au moment où la concurrence n’arrive plus à fournir », résume le vice-président de FM Global. La question de la gestion des risques liés aux tempêtes est d’autant plus d’actualité que dans un contexte de globalisation, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à partir en quête de nouveaux clients sur les marchés américains et d’Asie du sud-est, des régions particulièrement exposées aux ouragans et typhons.

 

Une décision stratégique de long terme

« Les recommandations à suivre ne sont pas toujours coûteuses, tout dépend bien entendu de la taille du bâtiment, remarque Lou Gritzo. Un investissement de moins de 10 000 euros peut permettre de minimiser considérablement le risque. » Afin d’aider les entreprises dans leurs décisions, les équipes de FM Global priorisent les actions à mener pour réduire le risque au maximum. « Il s’agit d’une décision stratégique de long terme, poursuit-il. Les actions entreprises pour protéger le bâtiment, son contenu, la chaîne d’approvisionnement, ou pour assurer la continuité de l’activité, ne trouveront probablement pas leur raison d’être dans les mois qui suivent. Mais il est important de garder à l’esprit qu’un immeuble a une durée de vie moyenne de 30 ans, et que la probabilité qu’il soit un jour concerné par une tempête de force moyenne est estimée à 25 %. »

Les dégâts causés par le vent étant plus importants sur les côtes, les tempêtes y durant plus longtemps, le diagnostic varie en fonction de la situation géographique des sites. Aussi, pour adapter leurs recommandations aux dommages potentiels, les ingénieurs FM Global se réfèrent à une carte des vents scientifiquement établie à partir de données météorologiques, de statistiques et d’expériences passées. « Les modèles traditionnels élaborés pour calculer la force des vents à l’échelle du globe n’ont ni la capacité de mesurer l’ampleur du danger, ni la précision à l’échelle régionale dont nous avons besoin », précise Lou Gritzo. Pour les bâtiments abritant des produits de grande valeur ou des centres d’opérations critiques, l’industriel pourra ainsi choisir comme référence des vitesses de vent supérieures à celles indiquées sur la carte afin d’adapter la protection.

Cyclone, ouragan, typhon, tempête… ou tornade ?

L’essentiel des tempêtes qui touchent l’Europe se forme sur l’Océan Atlantique, sur le front séparant la zone d’air froid polaire et la zone d’air chaud tropical. Créées par des contrastes thermiques horizontaux dans les régions tempérées du globe, ces dépressions peuvent se former, et se renforcer, sur terre. Fortement asymétriques, elles présentent des vents qui s’organisent en « tubes » près des fronts.

Les cyclones (du grec Kuklos, cercle rond) sont caractérisés par leur rotation et leur symétrie autour de leur œil.. Appelés ouragan (Hunraken, dieu maya de la tempête) dans la mer des Antilles et dans le golfe du Mexique, et typhons (du chinois T’ai fung, grand vent) en mer de Chine et dans l’ouest du Pacifique, les cyclones tirent l’essentiel de leur énergie de l’évaporation de l’eau de mer sur une zone de basses pressions et apparaissent uniquement au-dessus des eaux chaudes des océans de la zone intertropicale.

Les tornades (de l’espagnol tornar, tourner), correspondent à un phénomène de vortex naissant à la base d’un nuage orageux.  Limité, ce tourbillon de vents extrêmement violents n’est pas un système dépressionnaire. Il résulte d’une rencontre entre l’air froid de la haute troposphère et de l’air chaud et humide des couches atmosphériques plus basses. Les deux masses ne se mélangent pas mais s’enroulent l’une autour de l’autre, créant des vents très forts. Plus destructrices que les  cyclones, mais plus limitées dans le temps (une dizaine de minutes en général), les tornades ne dépassent que rarement un kilomètre de diamètre, quand les tempêtes peuvent s’étirer sur plus de 2 000 kilomètres, et que les cyclones peuvent couvrir la France entière.

*Swiss Re, sigma n°2/2013 : « Catastrophes naturelles et techniques en 2012 : une année d’évènements météorologiques extrêmes aux Etats-Unis ».

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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