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Les risques industriels dans l’agroalimentaire

Plus de 10 000 entreprises employant environ 500 000 salariés, pour un chiffre d’affaires de 157,2 milliards d’euros en 2011 : l’agroalimentaire est une filière majeure de l’industrie française. Elle représente donc naturellement une partie importante des sociétaires assurés par FM Global, près de 20 % aujourd’hui. À quels risques industriels sont particulièrement exposées les entreprises de l’agroalimentaire. Pourquoi ? Comment s’en prémunir ? Eléments de réponse avec Pierre Engrand, ingénieur de comptes chez FM Global Opération Europe du Sud.

 

 

Une part importante de la sinistralité des industries agroalimentaires est due aux risques naturels, principalement aux inondations. « Ce sont généralement d’anciens sites de production qui ont besoin d’eau, explique Pierre Engrand, ingénieur de comptes chez FM Global Opération Europe du Sud. C’est donc tout naturellement que beaucoup d’entre elles sont situées en bord de rivières. » Pour les sites construits en zone inondable, la solution est alors de mettre en place un plan de protection et un plan d’urgence (Pour en savoir plus, lire l’article : Inondations, prévenir pour ne pas subir).

Au-delà des inondations et des risques naturels pouvant être rencontrés dans d’autres régions du monde dans le cas de groupes mondialisés, la majeure partie de la sinistralité des industries agroalimentaires est due à deux risques industriels spécifiques : l’incendie et la contamination.

 

L’incendie représente 40 % des risques industriels dans l’agroalimentaire

40 % des sinistres dans les industries agroalimentaires sont causés par des incendies. Si les sources d’ignition « classiques » (défaut électrique, travail par point chaud, facteur humain, etc.) sont à l’origine de la plupart des départs de feu, plusieurs facteurs inhérents à l’activité rendent les industries agroalimentaires particulièrement exposées au risque incendie :

    • le recours aux panneaux sandwich combustibles
      « Les industries agroalimentaires ont besoin d’un environnement propre et certaines nécessitent des chambres froides ou des salles d’incubation ou de refroidissement, explique Pierre Engrand. Ce type de panneau, avec un parement intérieur en plastique, présente le double-avantage d’être facile à nettoyer et d’être un très bon isolant thermique. » Cependant, en cas d’incendie, ces panneaux à base de polystyrène ou de polyuréthane vont prendre feu très rapidement et dégager une fumée extrêmement toxique ;
    • la présence de charges combustibles
      Les poudres organiques présentant un risque d’explosion (farine, lait atomisé, etc.), ou les liquides inflammables (arômes, alcools, etc.) sont en effet largement présents dans les processus de fabrication ;

 

  • équipements spécifiques
    Les friteuses à huile ou les fours de cuisson avec brûleurs à gaz font souvent partie du processus de fabrication dans la biscuiterie et la briocherie. « Même dans une activité comme l’embouteillage d’eau, l’utilisation des presses plastique avec un système à base d’huiles hydrauliques accroît le risque incendie si ces dernières fuient et rentrent en contact avec un point chaud », remarque Pierre Engrand.

 

Face à ces facteurs aggravants spécifiques aux industries agroalimentaires, FM Global recommande, en plus de la mise en place d’une protection sprinkleur conforme aux standards FM Global :

  • d’éviter de construire de nouvelles unités de production avec des matériaux combustibles
    « Au cas où les industries agroalimentaires ne peuvent pas se passer de ces panneaux, notamment à cause de leurs propriétés isolantes, il faut s’assurer de leur qualité, de leur bonne construction et de leur bonne installation (panneaux agréés par FM Global pa exemple), en plus de la protection sprinkleur, pour réduire l’ampleur d’un potentiel incendie », précise Pierre Engrand ;
  • d’effectuer une maintenance approfondie des installations électriques
    Cela peut notamment passer par « une analyse régulière des armoires électriques avec des systèmes de thermographie infrarouge pour détecter d’éventuels points chauds », illustre Loïc Le Dréau, dans une interview accordée à Process Alimentaire.

Cette maintenance permet également d’éviter qu’un défaut électrique ne survienne sur les installations qui contrôlent les process de production et qui pilotent les zones de température froide ;

  • de ne pas accrocher d’installations électriques sur les panneaux sandwich sans prendre un certain nombre de précautions ;
  • de veiller à séparer la zone de stockage du cœur de la production
    « Les principaux risques d’incendie concernent la zone de stockage car, en production, la plupart des produits alimentaires ne sont pas combustibles », explique David Hourtolou, Directeur de l’ingéniérie FM Global Opération Europe du Sud, dans une interview accordée à Process Alimentaire.

 

Agroalimentaire : la contamination, conséquence des risques industriels

Autre point sensible point pour les industries agroalimentaires : la contamination des produits. Celle-ci peut intervenir dans le cas :

  • d’un dégagement de fumée lors d’un incendie ;
  • d’une fuite d’un système de réfrigération à l’ammoniac à l’intérieur d’une chambre froide ou d’une salle de refroidissement.

Quelle que soit la source, si une contamination survient dans une pièce, tous les produits de la zone seront considérés comme impropres à la consommation et seront donc perdus. C’est pourquoi FM Global préconise :

  • de ne pas utiliser l’ammoniac à l’intérieur des chambres froides
    Pierre Engrand recommande notamment « que le cycle de modification d’état de l’ammoniac (de l’état gazeux à l’état liquide, ce qui crée le froid) se fasse à l’extérieur des chambres froides, et que les réseaux de distribution du froid dans les usines impliquent des produits inertes, comme le glycol, qui ne contamineraient pas les produits en cas de fuite » ;
  • d’isoler complètement les pièces qui peuvent être ou qui sont impliquées dans un incendie pour éviter la propagation de la fumée.

« Les industries agroalimentaires disposent souvent de systèmes de conditionnement d’air, explique Loïc Le Dréau. Ce qui fait que les fumées sont transportées dans tout l’atelier. » Le nettoyage des réseaux de ventilation à la suite d’un incendie est également primordial.

 

Réfléchir au niveau global pour protéger la production du groupe

Si ces recommandations permettent d’agir à la fois sur la fréquence et sur la gravité des sinistres sur un site, il faut également prendre en compte la position de chaque usine dans la stratégie du groupe en :

  • identifiant tous les types de risques par business unit ;
  • cartographiant les risques pour les hiérarchiser en fonction de leur occurrence et de leur impact financier ;
  • consolidant les risques en fonction de leur priorité stratégique, ce qui permet de définir des plans d’action adaptés.

Notamment la mise en place de plans de continuité d’activité en cas d’interdépendance de certaines unités de production du groupe. Car, comme le rappelle Loïc Le Dréau, « les contraintes de livraison de la grande distribution font que des difficultés de pertes de marché peuvent arriver vite, s’il n’y a pas de possibilité de transfert de la production sur un autre site. »

Agir en amont et en partenariat est donc indispensable !

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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