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Risques naturels : 5 conseils pour s’implanter en connaissance de cause

Tempêtes, séismes, inondations… Les catastrophes naturelles sont à l’origine de 43 % des sinistres constatés par FM Global dans les usines agroalimentaires à travers le monde. Pourtant, la menace climatique ne fait pas toujours parti des critères observés par les entreprises pour décider de leurs implantations. Focus sur les 5 points majeurs à observer au moment de s’implanter avec David Hourtolou, Directeur Commercial des Opérations de Paris.

« Un tiers des directeurs financiers donneurs d’ordre se déclarent mal, voire très mal, préparés face aux risques naturels », pose en préambule David Hourtolou, Directeur Commercial des Opérations de Paris. Selon lui, la faible fréquence d’événements marquants n’incite pas les entreprises à s’y préparer.Ainsi, sur un échantillon de 5 000 sites industriels visités chaque année en France, les ingénieurs de FM Global constatent qu’une entreprise sur 10 est sérieusement exposée au risque d’inondation.
« Ces entreprises mal protégées ou installées dans des zones inondables ont six fois plus de risque de subir une inondation au cours de la vie du site que d’assister à un incendie », remarque le directeur de l’ingéniérie pour l’Opération Europe du Sud, qui rappelle que les inondations constituent la première cause de catastrophe naturelle en France.
Dès lors, la principale difficulté pour FM Global est de convaincre l’entreprise qu’elle est exposée, avant de préconiser des solutions simples, parfois peu coûteuses, mais surtout efficaces pour contrôler le destin.

 

1. Choisir un terrain peu exposé aux risques naturels

La règle est de réduire les risques à la source, par le choix de l’implantation. Puisqu’il est parfois difficile d’aller à contre-courant, que les impératifs de logistique, d’accès aux matières premières ou de proximité du bassin d’activité de l’industrie priment, le rôle de FM Global consiste aussi à accompagner le développement de ses sociétaires à l’international, dans des régions particulièrement exposées comme la Chine ou le Sud-Est de l’Asie, où l’accès à l’information peut s’avèrer plus difficile.
« Dans ces régions, il n’est pas rare que les zones d’activité soient construites sur des zones historiquement inondables, développe David Hourtolou. Nous aidons donc nos sociétaires à s’implanter en connaissance de cause, car le pire serait de découvrir le risque une fois l’investissement réalisé. »

 

2. Prévenir de l’événement et définir des cotes d’alerte

Il est recommandé aux entreprises de développer un plan d’urgence qui détaille la conduite à adopter en cas de risque avéré. Une fois la cote d’alerte dépassée, elles disposent en général de quelques heures en fonction du cours d’eau pour arrêter la production, mettre en sécurité les installations, rehausser les stocks, débrancher les équipements sensibles, etc.
« Pour le risque d’inondation, le risque est souvent avec les petits cours d’eau pour lesquels il n’existe pas de cartes officielles et qui se révèlent les plus dévastateurs pour nos clients industriels. Nous nous appuyons alors sur les relevés topographiques réalisés par nos propres ingénieurs », précise David Hourtolou. Au cours des dix dernières années, le plan d’urgence s’est avéré efficace pour 72 des 118 sinistres inondations enregistrés par FM Global, avec des dommages moyens de l’ordre de 1,2 million d’euros, contre 4,2 millions d’euros en l’absence de plan.

 

3. Mettre en œuvre des mesures physiques permanentes pour limiter les dégâts potentiels

« En matière de risques naturels, la question n’est pas de savoir si la catastrophe va se produire mais quand elle va se produire et de s’organiser pour surmonter l’épreuve. L’urgence est d’autant plus grande que les événements climatiques s’avèrent être de plus en plus extrêmes, les crues de plus en plus importantes, la vitesse des vents de plus en plus forte, et les épisodes de froid de plus en plus intenses », insiste David Hourtolou. Quel que soit le degré de risque reconnu, il existe une palette de solutions techniques simples, faciles à mettre en œuvre à moindre frais, que peuvent recommander les ingénieurs de FM Global :

  • travailler sur les installations électriques critiques , « le cœur de l’entreprise » pour David Hourtolou, pour les rendre solidaires de la coque du bâtiment en cas de risque sismique ;
  • éviter d’installer des racks de stockage trop hauts, même si cela rentabilise l’espace ;
  • se concentrer sur les sous-sols en cas de risque car ils finissent tôt ou tard par être remplis d’eau. La première mesure est de remonter systématiquement tous les équipements critiques, matières premières ou produits finis, hors du sous-sol, « les entreprises ayant une fâcheuse tendance à y stocker par exemple les archives, bien que certains documents soient indispensables à la production, ou bien d’y placer les salles informatiques. ». On peut ensuite travailler sur les ouvertures en installant des batardeaux ou en surélevant les rampes d’escalier ;
  • s’assurer qu’un système de drainage secondaire est installé en toiture, système par surverse inspiré des gargouilles d’autrefois, en cas de risque d’effondrement lié à l’engorgement du réseau d’eaux pluviales ;
  • densifier ingénieusement, en cas de risque de tempête, le nombre de fixations dans la toiture en fonction de la force de vent envisagé, afin de maintenir la toiture solidaire de l’enveloppe du bâtiment ;
  • etc.

« Les assurés qui ont mis en place les mesures de protection que nous avions préconisé ont, par exemple, subi sept fois moins de pertes que les autres assurés lors du passage de l’ouragan Katrina en 2005 », souligne le Directeur Commercial des Opérations de Paris chez FM Global.

 

4. Prévoir un retour à la production le plus rapide possible

Toutes ces mesures ont pour but de permettre à l’entreprise d’être résiliente face aux catastrophes naturelles. Ainsi, « pour les entreprises implantées dans des zones exposées aux tremblements de terre, nous émettons peu de prescriptions quant à la construction du bâtiment car, statistiquement, neuf bâtiments sur dix resteront debout, explique David Hourtolou. Nous nous concentrons d’avantage, par exemple, sur les installations électriques critiques ou sur les racks de stockage, le cœur de la chaîne logistique. En rendant ces éléments solidaires de la coque du bâtiment, on limite considérablement les temps de reconstruction après l’événement, ce qui assure un retour à la normale de l’activité beaucoup plus rapide. »
En cas d’inondation, la durée d’immersion des équipements importe autant que la hauteur d’eau. « Si l’eau est immédiatement évacuée, un retour à la production est envisageable dans les deux à trois jours qui suivent alors que des équipements trop longtemps immergés s’exposent à une corrosion qui ralentira considérablement ce retour en activité », poursuit-il.
La définition d’un plan de continuité de l’activité, partie intégrante de la gestion des risques, permet ce retour à la production le plus rapide possible.

 

5. Minimiser les risques de sur-accidents

De type canalisations de gaz arrachées ou inflammation des liquides capables de brûler (le fire following), ces sur-accidents peuvent considérablement aggraver le bilan d’un sinistre. En fonction de l’environnement, les ingénieurs de FM Global recommandent l’installation de vannes à fermeture automatique sensibles aux vibrations.

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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