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Industrie pharmaceutique : à nouveau business model, nouveaux risques

Le virage de l’industrie pharmaceutique vers les biotechnologies a entraîné une mutation profonde du secteur au début des années 2010. Mais le nouveau business model des laboratoires entraîne de nouveaux risques spécifiques : Jean-Philippe Dhaine, ingénieur de comptes chez FM Global et spécialiste du secteur, fait le point.

Dans l’industrie pharmaceutique, le début des années 2010 est, de l’avis unanime des spécialistes, une période à part : celle d’une profonde mutation du secteur. La plupart des majors ont en effet entamé un virage en direction des biotechnologies à ce moment-là, multipliant les acquisitions de startups – ou de sociétés de plus grande taille – spécialisées dans la recherche de traitements des maladies rares ou orphelines, au détriment d’un modèle classiquement basé sur des brevets historiques impliquant une R&D internalisée aux laboratoires.

 

Un nouveau business model pour les majors

Pour Jean-Philippe Dhaine, plusieurs raisons expliquent cette orientation vers un nouveau business model de la part des laboratoires pharmaceutiques : « D’abord, dans nombre de pays, s’exerce une pression sur les prix, ce qui limite le niveau de marges sur certains produits. Ensuite, beaucoup de sociétés ont été confrontées à ce que l’on appelle la ‘falaise des brevets’ : des produits phares, dont le brevet était arrivé à échéance, ont été concurrencés par des médicaments génériques. » Fort logiquement, les acteurs du secteur ont dès lors cherché des pistes pour compenser leur perte de chiffre d’affaires. « Le rachat de Genzyme par Sanofi en 2011 a marqué les esprits », complète Jean-Philippe Dhaine, évoquant « une recherche de croissance externe autour de sociétés de biotechnologie développant des produits innovants liés aux maladies rares et à l’oncologie et basés sur le vivant ».

 

De nouveaux risques pour le secteur

Des produits basés sur le « vivant » : loin d’être anodine, cette précision est essentielle, car elle induit de nouveaux risques, spécifiques à l’univers de la biotechnologie. Pour le spécialiste Jean-Philippe Dhaine, « la matière vivante étant ultra-sensible à son environnement, production, stockage et transport sont des étapes cruciales. » Il est par exemple indispensable d’empêcher toute coupure d’électricité lors de la production. Récemment, la presse a rapporté qu’un laboratoire a ainsi connu une coupure électrique de trente minutes, qui a entraîné une interruption de la production pendant deux semaines ! De même, lors du transport – où des conditions de température ou d’hygrométrie doivent être scrupuleusement respectées – le risque de perte de production est très important. Autre risque spécifique, celui lié aux process utilisés dans les biotechnologies : l’inox est progressivement délaissé au profit de pièces en plastique, à cause du passage d’une production par lot à une production en continue dans laquelle les différents éléments du process ne sont plus nettoyés en place mais remplacés. Ces pièces en plastique présentant un plus grand risque d’incendie.

 

Un challenge pour les industriels… et leur assureur !

Cette mutation vers les biotechnologies, aussi récente que profonde, représente un défi de taille pour les acteurs du secteur. Mais aussi pour leur assureur, tant les nouveaux risques identifiés peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la production et le chiffre d’affaires réalisé. « A nos outils d’analyse des risques traditionnels, nous avons ajouté une approche plus ciblée, explique Jean-Philippe Dhaine. Ainsi, nous nous intéressons de près au risque fournisseurs – le modèle du fournisseur unique étant courant dans le secteur pour certains consommables et éléments de process – et bien sûr à la protection incendie en cherchant des solutions efficaces, pertinentes pour les biotechnologies et économes en eau. De même, nos experts réalisent une analyse très poussée des installations électriques, à la fois dans les zones de production et de stockage, pour optimiser leur fiabilité et éviter toute rupture. »

La résilience, c’est un choix.

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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