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La science au service de la maîtrise des risques

Parmi les initiatives mises en place par FM Global pour faire face aux risques d’inondation, une équipe de recherche en inondation concentre ses efforts sur la cartographie à grande échelle des zones d’inondation critiques. Rencontre avec les quatre chercheurs qui composent cette équipe aux Etats-Unis.

L'équipe de scientifique spécialiste cartographie inondation

Quelle est votre principale mission ?

Dr. Qu : La cartographie et la modélisation des inondations constituent deux objectifs-clé. En ce qui concerne la modélisation des catastrophes naturelles, les années 80 ont connu des avancées en matière d’ouragans et de typhons. Les années 90 ont vu des percées dans le domaine des tremblements de terre. Ce n’est que depuis la première décennie du 21e siècle que la modélisation des inondations connait des progrès. Cette dernière requiert en effet beaucoup de données qu’il était impossible de collecter il y a 20 ans. Elle est clairement facilitée aujourd’hui grâce aux avancées technologiques.
Dr. Beighley : Nous avons des experts en pluviométrie, en hydrologie et en hydraulique. C’est la combinaison de ces compétences qui fait notre force.

Qu’aimeriez-vous accomplir à la fois personnellement, et en équipe ?

Beighley : Nous avons chacun nos domaines de compétence. Ce que j’aimerais : intégrer les modélisations hydrauliques et climatiques dans un périmètre plus large. Cela impliquerait de travailler main dans la main avec Jeff pour implémenter ses données climatiques directement dans mes études.
Ying : Je travaille à fusionner mes modèles hydrauliques aux modèles hydrologiques, afin de gagner en efficacité. Cela nous permettrait d’être plus réactifs pour évaluer les risques de crue à grande échelle des bassins et versants fluviaux. Nous serions ainsi plus précis dans la réalisation de cartographies des inondations qui peuvent endommager les barrages, digues et autres systèmes de défense contre les inondations.
Qu : Ma première ambition, c’est de fournir des solutions pour évaluer le risque d’inondation. J’ai développé auparavant un modèle hydrologique intégré. Le concept est juste et la technologie, avancée. Ensemble, nous pouvons développer de nombreuses solutions, aussi bien à destination d’une cartographie à grande échelle, que pour des applications très spécifiques et détaillées.
McCollum : Mon travail se concentre sur l’étude des précipitations. Les grosses inondations, celles dont on parle ici, sont généralement causées par ces précipitations. Mais comment peuvent-elles se manifester ? Qu’est-ce qui pourrait causer ces forts épisodes pluvieux ? Pour le savoir, je peux me baser sur des statistiques et données climatiques que j’intègre dans les modèles que mes collègues conçoivent et utilisent. Cela nous permet ensuite, ensemble, de mesurer la vulnérabilité des sites de nos clients.

Quel regard portez-vous sur la façon dont fonctionne cette équipe ?

Qu : Dans notre domaine d’activité, la plupart de nos confrères s’attache à un seul aspect de l’équation et s’appuie sur un partenaire externe pour le reste. Le simple fait de combiner l’ensemble des inducteurs – météorologie, hydrologie et hydraulique – signe notre singularité. Seules quelques entreprises suivent ce même modèle mais la majorité concentre ses activités sur la modélisation de catastrophes naturelles. Nous cherchons où se situe chaque risque spécifique à l’échelle du pays d’une part, et pour chacun de nos clients d’autre part. Travailler au sein d’une équipe n’est pas une nouveauté pour moi, mais notre ambition en fait quelque chose d’unique.

Beighley : En tant que professeur, j’avais l’habitude de superviser plusieurs projets en même temps. Si vous regardez bien les membres de ce groupe, vous remarquerez que chacun a les capacités de diriger une équipe ou de mener des projets par lui seul. Ce qui est vraiment unique, c’est que différents experts travaillent ensemble main dans la main. Avoir une équipe où chacun peut être expert de son domaine sans avoir à manager d’autres personnes, est quelque chose de précieux. Nos homologues passent la majeure partie de leur temps dans la recherche de fonds. Je me souviens qu’à l’université, je passais tellement de temps à chercher des financements, qu’il était difficile d’avancer sur mes recherches scientifiques. Là est toute la différence. Ici, nous pouvons avancer et trouver des solutions concrètes aux problèmes.

Pensez-vous qu’il est urgent de produire une cartographie précise, suite au nombre accru d’inondations ces dernières années ?

Dr. McCollum : Les gens veulent toujours être à proximité de l’eau, et ce phénomène s’intensifie à mesure que la population mondiale augmente. Même si une inondation se produit et que des infrastructures sont détruites, les villes veulent un centre près des points d’eau, ce qui implique l’exposition accrue des biens aux risques d’inondation. Certains clients consulteront FM Global avant de construire, mais la plupart s’implantera de toute façon là où ils l’avaient prévu. Le risque de subir des pertes est donc plus élevé pour eux.
Dr. Ying : C’est un fait avéré : il y a de plus en plus de villes dont les sols sont imperméables. La pluie ne peut pas s’y infiltrer, provoquant ainsi de forts ruissellements que le réseau de drainage ne peut pas absorber. Cela expose potentiellement les villes à des inondations et des dégâts connexes importants. Ajoutons à cela que les gens ont la mémoire courte, en particulier si les risques d’inondation ne font pas l’objet d’une communication claire.
Dr. Qu : Le risque en plaine inondable s’accroît donc rapidement. C’est pourquoi aujourd’hui, à précipitations égales, les répercussions financières seront beaucoup plus élevées qu’il y a 10 ans.

Evidemment, la perspective du changement climatique annoncée influe sur votre travail…

Dr. McCollum : Oui, vraisemblablement, même si c’est encore difficile à dire. Le climat change. Or, la question est aussi de savoir pourquoi. Ensemble, nous étudions toutes les données climatiques pour tenter d’isoler les causes possibles à surveiller.

Dr. Beighley : C’est bel et bien un défi. On observe déjà des changements significatifs. La principale difficulté ici est de trouver une ligne directrice à des événements isolés qui semblent aléatoires. Par exemple, il pleut là où il n’avait jamais plu autant ; pareillement en hiver certaines régions découvrent la neige… Dans tous les cas, nous devons envisager davantage de précipitations dans les années à venir. Cela est susceptible de modifier l’ampleur des inondations. Ces évènements nouveaux, ajoutés à la fonte des glaces difficilement quantifiée et quantifiable, complexifie davantage la stabilisation d’un modèle fiable. Affaire à suivre…

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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