Aller à la navigation Aller au contenu
en savoir plus

Protéger les équipements critiques afin de préserver la continuité d’activité

Après les incendies et les catastrophes naturelles, les risques équipements sont les risques touchant le plus souvent les entreprises : entre 2002 et 2006, ils ont ainsi représenté 12 % des sinistres ayant touché les sociétaires de FM Global. Comment identifier les équipements critiques ? Quelles industries sont particulièrement sensibles aux risques qui y sont associés ? Comment prévenir ces risques industriels liés aux équipements ? Réponses avec Sophie Loeb, Business Risk Analyst, et Pierre Engrand, Responsable support ingénierie et formation des ingénieurs chez FM Global pour l’Opération Europe du sud.

 

 

« Les risques équipements correspondent à des sinistres consécutifs à la rupture ou à l’arrêt d’un équipement ou d’une machine. » La définition stricto sensu donnée par Pierre Engrand, Responsable support ingénierie et formation des ingénieurs chez FM Global pour l’Opération Europe du sud, révèle que toutes les industries y sont, de manière plus ou moins importante, potentiellement exposées.

 

La notion de criticité pour identifier les risques industriels lies aux équipements

Pour autant, les risques équipements sont souvent entendus pour des industries, comme la papeterie, la chimie, la verrerie, ou encore l’aciérie, qui utilisent de grosses machines et/ou uniques. « Dans la papeterie, par exemple, nous avons à faire à un process en ligne qui fait intervenir une succession de machines uniques, explique Pierre Engrand. Une rupture de l’une d’elles entraînera donc l’arrêt complet de la machine à papier pendant une durée plus ou moins longue. »

Pour identifier les équipements critiques, les services d’ingéniérie et de Business Risk Consulting de FM Global travaillent conjointement :

  • au cours de leurs visites de site et dans leurs rapports de recommandations, les ingénieurs conseil FM Global étudient, pour chaque équipement, plusieurs éléments leur permettant de détecter s’ils présentent un risque : son environnement de fonctionnement, son âge, son état d’usure ou encore les mesures de protection qui lui sont associées. « Les risques équipements sont plus complexes que les incendies ou les inondations, chaque machine présentant des risques qui lui sont spécifiques, précise Pierre Engrand. Une presse hydraulique est par exemple soumise à des risques différents qu’un compresseur ou un train d’engrenage. C’est pourquoi les ingénieurs FM Global spécialisés en risque équipement suivent des formations complémentaires spécifiques par type d’industrie. » ;

 

  • dans le cadre de leurs études BIA , les Business Risk Consultants FM Global effectuent en premier lieu une analyse du modèle d’activité et identifient entre autre les équipements les plus critiques. «  Nous considérons que les équipements les plus critiques sont ceux qui ont les temps de réparation et de remplacement les plus longs, qui réalisent une opération unique et/ou ont un impact significatif sur la production du site et dont l’interruption causerait les plus gros impacts financiers », explique Sophie Loeb, Business Risk Analyst chez FM Global pour l’Opération Europe du Sud. Afin de déterminer la criticité d’un équipement et en particulier l’impact financier de son interruption, les Business Risk Consultants s’appuient sur les rapports émis par les ingénieurs et posent trois types de questions aux assurés :
    • quel est le pourcentage de dépendance des ventes et de perte d’exploitation lié à cet équipement ?
    • combien de temps serait nécessaire pour remplacer ou réparer cet équipement, de la commande à la reprise d’activité ?
    • quelles solutions de mitigation pourraient être mises en place, et combien de temps cela prendrait-il, en cas de perte de cet équipement ?

    « Ces questions permettent de faire prendre conscience aux industriels que la valeur d’achat d’un équipement n’est pas obligatoirement synonyme de criticité, précise Sophie Loeb. Ce qui importe est la valeur de l’équipement pour l’entreprise, en termes d’apport business. » Il est à ce stade indispensable de consulter les différents départements (opérationnel, marketing, management, etc.) de l’assuré. « Les opérationnels peuvent en effet considérer qu’un équipement n’est pas critique car il ne concerne que 2 % des produits, illustre Sophie Loeb. Or, cet équipement peut jouer un rôle majeur pour la direction marketing car il représente la mise sur le marché de nouveaux produits, la conquête de parts de marché, etc. »

 

Prévenir les risques associés aux équipements critiques

L’action conjointe de l’ingéniérie et du département de Business Risk Consulting permet de délivrer aux Risk Managers et aux différentes directions de l’entreprise des conclusions techniques, financières, opérationnelles et stratégiques afin de constituer une base solide pour rendre le modèle d’activité plus résilient. « Nous développons des scenarii de sinistre vraisemblables, et identifions ainsi les mesures pouvant être prises pour limiter ces risques et garantir la continuité de l’activité », ajoute Sophie Loeb. Ces recommandations peuvent prendre trois formes :

  • la mise en place de mesures de prévention et de protection : « Pour se prémunir des risques équipements, nous recommandons principalement d’adopter des mesures de prévention adaptées, explique Pierre Engrand. Cela passe principalement par des contrôles et des opérations de maintenance, préventive ou prédictive, à intervalles réguliers. » Cela peut par exemple prendre la forme d’examens non intrusifs et non destructifs pour les presses, de contrôle des dispositifs permettant d’éviter la survitesse sur les turbines vapeur, ou encore de thermographie infrarouge pour les équipements électriques. « Bien souvent, les recommandations de maintenance sur les équipements critiques sont plus faciles à faire accepter aux industriels que celles sur l’incendie ou l’inondation car ils ont conscience de l’importance que leurs machines tournent en continu », poursuit Pierre Engrand. La disponibilité de pièces de rechange pour les équipements critiques fait également partie des principales recommandations ;
  • la modification du modèle d’activité : « Afin d’augmenter la résilience de l’entreprise, nous pouvons recommander la duplication des équipements critiques ou  la qualification d’un fournisseur alternatif par exemple », détaille Sophie Loeb ;
  • la mise en place d’un Plan de Continuité d’Activité  afin de permettre à l’entreprise de réagir face à un sinistre, et ce quelque soit son origine, de manière à garantir la reprise de ses activités critiques.

« Il est très important pour nous de faire prendre conscience aux Risk Managers et aux industriels que la criticité d’un équipement ne dépend pas de son coût d’achat, mais de sa création de valeur pour l’entreprise non seulement en termes financiers mais aussi en termes d’image, d’obligations réglementaires et juridiques, ou encore de contraintes sociales et organisationnelles», conclut Sophie Loeb. Si l’entreprise peut temporairement se passer d’un équipement, pendant combien de temps l’activité survivrait-elle sans la création de valeur qui lui est associée ?

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

Découvrir