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Papeterie : des risques industriels et naturels à anticiper

Papier journal, papier d’emballage, carton ou encore papier d’impression et d’écriture, les produits finis qui sortent des papeteries se retrouvent partout dans notre vie quotidienne. En 2010, l’industrie papetière française représentait 78 entreprises, pour 98 usines, 149 machines à papier et 6,7 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Une filière majeure dont les sites de production et de stockage sont soumis à des risques industriels et naturels importants. Comment les anticiper ? Comment s’en protéger ? Quelques pistes pour une gestion des risques optimale.

 

 

Pour passer du tronc d’arbre à la feuille de papier, ou au carton, les étapes sont multiples et complexes. Il faut tout d’abord couper le bois, transporter les rondins puis les écorcer et les mettre en copeaux. Pour obtenir la pâte à papier, ces derniers sont ensuite « cuits » via l’adjonction d’additifs. Une machine à papier permet enfin de coucher et de raffiner la pâte afin de la transformer en bobines.

« Chacune de ces étapes implique des équipements lourds et coûteux qui fonctionnent en permanence et qui ont besoin de maintenance et d’entretien réguliers. Le risque de bris de machine est donc bien plus important dans l’industrie papetière que dans d’autres industries » explique Olivier Deroo, ingénieur de comptes chez FM Global. Au-delà des incidents mécaniques et électriques pouvant affecter les équipements, les zones de stockage et de production sont également soumises au risque incendie et parfois au risque inondation.

 

Prévenir le risque de bris de machines

35 % des sinistres* dans la papeterie sont dus à des bris de machines, que ce soit une casse mécanique, un bris électrique ou encore une rupture d’appareil sous pression.

L’un des enjeux majeurs est alors la disponibilité des pièces de remplacement. « Un cylindre aspirant sur une machine à papier peut, par exemple, demander jusqu’à 8 mois entre la commande et la livraison », note Olivier Deroo. De quoi bloquer l’usine pendant plusieurs mois.

C’est pourquoi FM Global recommande à ses clients de :

  • disposer de pièces de rechange disponibles sur site afin de réduire au maximum le temps d’arrêt des machines ;
  • d’effectuer, en parallèle, une maintenance préventive sur les équipements,
  • de disposer, enfin, de plans de secours en cas d’avarie.

 

Incendie : réduire le risque dans une industrie particulièrement exposée

Autre risque majeur pour l’industrie : l’incendie, qui représente 22 % des sinistres*.

Il peut se déclencher au niveau :

  • de la machine à papier, en partie “sécherie”, dans la hotte et fosse à cassés ;
  • des stocks de bobines, où le feu peut démarrer à cause d’un point chaud puis se développer très rapidement, se propager et devenir extrêmement difficiles à maîtriser ;
  • des stockages extérieurs de rondins, tas de copeaux, vieux papiers…  qui peuvent prendre feu très facilement et exposer les bâtiments de production adjacents.

« Dans des conditions de fortes chaleurs et de vent, l’incendie peut en effet se propager d’un lieu de stockage à un autre, voire d’un lieu de stockage aux bâtiments » ajoute Olivier Deroo.

Pour diminuer l’exposition au risque incendie et limiter son impact au cas où il surviendrait, FM Global préconise notamment :

  • d’installer une protection sprinkleur dans une partie des bâtiments (ateliers de production et lieux de stockage de bobines).Pour être efficace, cette protection sprinkleur doit être complètement adaptée à l’espace. Comme pour cet atelier de production de l’usine d’ArjoWiggins de Wizernes qui a dû être démonté pour devenir un lieu de stockage de bobines de papier. « Nous avons contacté FM Global pour savoir si la protection sprinkleur était suffisante pour du stockage. Comme ce n’était pas le cas, nous devons prévoir l’investissement adéquat » explique dans un article de L’Usine Nouvelle Fabrice Ehrlich, responsable de la sécurité du site.
  • de disposer les bobinesen accordant une attention particulière à :
    • leur hauteur de stockage

    « Les industriels gerbent les bobines de papier de plus en plus haut afin d’augmenter leur capacité de stockage, explique Olivier Deroo. Or, au-delà de 9 mètres, la protection sprinkleur peut devenir complètement inefficace »,

    • leur positionnement

    « Mettre les bobines en butée permet de réduire la ventilation et ainsi d’éviter la formation d’un effet “cheminée” qui accélèrerait la propagation d’un incendie et en augmenterait sa puissance » conseille Olivier Deroo.

  • de protéger les zones de stockages extérieurs, en les isolant, en les cloisonnant à l’aide de murs coupe-feu et en disposant des canons à eau.

 

Enfin, les chaudières de récupération, qui recyclent la « liqueur noire », solution aqueuse composée des résidus chimiques issus de la cuisson des copeaux de bois, présentent elles aussi un risque important : l’explosion en cas de fuite d’eau et de contact avec le salin en fusion. « Si une chaudière de récupération explose, l’usine peut être à l’arrêt pendant un an, prévient Olivier Deroo. A ce titre, nous recommandons de les inspecter régulièrement. Nous proposons même à nos clients des audits extrêmement poussés sur les chaudières de récupération afin d’éviter le risque d’un arrêt non programmé. »

 

Ne pas sous-estimer le risque inondation

Souvent installées en lieu et place d’anciens moulins à papier, qui sont logiquement situés en bord de rivières, les usines papetières modernes restent fortement vulnérables au risque inondation.

Pour ces sites construits en zone inondable, la solution est alors de mettre en place un plan de préparation à l’inondation. Cela passe par différentes mesures préventives comme l’étanchéification des locaux électriques, la surélévation du matériel, le stockage de bobines dans des zones sécurisées, ou encore la mise en place de murs de protection, de digues et de batardeaux.

Instaurer une culture de la prévention au sein de l’usine

« Nous avons beaucoup travaillé sur le matériel, nous travaillons encore beaucoup sur les comportements », déclare dans L’Usine Nouvelle Olivier Avazzeri, directeur de l’usine d’Arjowiggins, qui a obtenu le label RHP en 2012. En effet, une protection optimale passe aussi par une volonté claire de la Direction de former ses opérateurs. Pour cela, « nous organisons des séminaires d’une journée où nous leur enseignons les « bonnes pratiques », notamment sur la gestion du feu, la lutte contre l’incendie dans un bâtiment équipé d’une protection sprinkleur, les risques spécifiques aux machines à papier ou aux bobines, etc. » explique Olivier Deroo. Certains salariés, comme ceux qui sont susceptibles d’intervenir dans des zones à atmosphère explosive, suivent également des modules spécifiques.

De son côté, l’équipe chargée de la sécurité de l’usine doit accorder une importance particulière au bon fonctionnement des installations de sécurité. Ces vérifications hebdomadaires, mensuelles et annuelles impliquent également des auditeurs extérieurs, dont les ingénieurs de FM Global.

L’ensemble de ces précautions sont nécessaires pour faire de potentiels sinistres majeurs des non-événements. Olivier Avazzeri en témoigne dans L’Usine Nouvelle : « Le 22 juin, dans une cabine de conduite, nous avons eu un départ de feu d’origine électrique. Le local dispose d’une tête de sprinkler qui a arrosé et éteint le feu. Les contremaîtres sont intervenus tout de suite. La machine est restée immobilisée entre un jour et demi et deux jours, sans pénaliser ni la production ni les délais. »

 

* Selon les statistiques FM Global en France entre 1999 et 2007.

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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