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« Un risque présent mais de mieux en mieux maîtrisé »

Tout investisseur qui se développe en Chine se doit d’anticiper les risques qu’il peut rencontrer localement. Notamment ceux en lien avec l’incendie car, si les autorités chinoises ont multiplié leurs efforts pour mieux les prendre en compte, les standards, les normes et les usages restent différents de ce qui se pratique en Occident. C’est pour cette raison que le sujet a été traité à l’AMRAE 2018, lors de l’atelier « Mise en place de protections incendie et inondation sur des sites industriels à l’échelle mondiale ». Marc Surleraux, EMEA Division Engineering Manager chez FM Global et intervenant de la table ronde, fait état des conseils et bonnes pratiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que représente le risque incendie en Chine ? Est-il particulièrement prégnant ?

Marc Surleraux : La volonté de la Chine est de le maîtriser. Les autorités étant sensibles à leur image à l’international, beaucoup d’efforts ont été faits en ce sens depuis la fin des années 70 et leur ouverture aux investissements étrangers. Le risque est cependant présent, du fait de la très forte croissance : activité économique et risque incendie sont étroitement liés, car quand les usines tournent à plein, il est plus fréquent qu’un incendie se déclenche. Par ailleurs, la culture de la gestion du risque se construit peu à peu en Chine et n’est pas encore aussi forte qu’en Occident, malgré l’objectif affiché de combler leurs lacunes. Il faut donc prendre en compte ce risque, car rares sont les secteurs dans lesquels des prestataires chinois ne sont pas impliqués dans la chaîne logistique.

Quelles sont les différences en ce qui concerne les normes ?

M. S. : En termes de protection incendie, et contrairement aux idées reçues, la Chine est un peu en avance par rapport à l’Europe sur certains aspects. Le recours aux sprinklers est par exemple plus systématique, particulièrement dans les Établissements recevant du public (ERP). A l’inverse, pour l’équipement en sprinklers des bâtiments industriels, ils sont en retrait par rapport aux États-Unis. Pour simplifier, je dirais que les normes sont plus strictes pour les ERP, moins pour les sites industriels, mais que les choses évoluent vite. Malgré tout, les autorités chinoises n’interdisent pas de recourir à des standards différents, comme ceux développés par FM Global. Quand ils sont appliqués par tous les sites dans le monde, cela permet d’avoir un niveau d’exigence complètement homogène. Car quelques points posent encore problème en Chine, comme la reconnaissance de la combustibilité de certains produits. Les autorités en considèrent certains comme non combustibles alors qu’ils le sont. Là encore cela évolue dans le bon sens, même si c’est relativement lent, car c’est un travail de fond.

Justement, quelles sont les autorités compétentes sur le risque incendie ? Avec qui travaillez-vous localement ?

M. S. : L’institut de Tianjin est la référence dans ce domaine. FM Global a réussi à créer un partenariat de longue date grâce à l’implication de nos collaborateurs chinois qui ont compris très tôt l’intérêt d’établir des liens solides. Nous travaillons de manière efficace, avec une certaine subtilité, en les accompagnant dans la recherche de solutions plutôt qu’en leur expliquant ce qu’ils doivent faire. C’est culturellement essentiel : on n’impose rien aux Chinois !

Qu’en est-il des contrefaçons ? Ont-elles un impact sur le risque incendie ?

M. S. : Elles étaient assez fréquentes il y a une dizaine d’années, nos ingénieurs en trouvant quasiment toutes les semaines, notamment sur les têtes de sprinklers, les pompes, les raccords de tuyauterie… Cela représentait un danger très important, ces produits étant totalement inefficaces. Bien heureusement, cela devient moins fréquent car les autorités ont agi avec vigueur. Il n’empêche, la vigilance reste de mise pour les investisseurs en Chine. Il est néanmoins possible d’utiliser du matériel agréé de façon indépendante, comme ceux certifiés par FM Approvals. Il est également important de pouvoir compter sur des représentants qui vérifient sur place la conformité des produits et la qualité de leur mise en œuvre. En effet, les compétences des ouvriers chinois varient fortement, que l’on se trouve dans une grande ville ou dans une zone plus reculée.

Pour conclure, quels conseils donneriez-vous aux investisseurs souhaitant s’établir en Chine ?

M. S. : Le premier conseil est d’établir dès le départ de bonnes relations avec les autorités, notamment avec les bureaux ou instituts dédiés au risque incendie. Il faut par ailleurs se faire conseiller : les clients FM Global peuvent par exemple compter sur nos experts locaux, tous de nationalité chinoise. Globalement, il faut éviter tout conflit pour que personne ne perde la face. Arriver en conquérant en pensant pouvoir imposer ses vues est la plus mauvaise des stratégies !

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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