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Inondations, prévenir pour ne pas subir

Chaque année, la menace des inondations se fait plus présente. La crue de 1910 avait causé pour 7,5 milliards de francs de dégâts en Île-de-France. Une telle inondation engendrerait aujourd’hui 12 milliards d’euros de dommages et concernerait quelque 830 000 Franciliens. Un risque loin d’être négligeable. Pourtant, le risque d’inondation reste sous-estimé par les entreprises. Une seule solution pour s’en prémunir au mieux : la prévention. Analyse.

 

 

40 milliards de dollars de dégâts, c’est l’impact des inondations survenues en Thaïlande pendant l’automne 2011. Des conséquences désastreuses pour la population locale mais aussi pour les entreprises, qu’elles soient sur place ou à l’autre bout du monde.

 

Des conséquences directes et indirectes très lourdes

Toute entreprise, exposée ou non à ce risque, peut être un jour victime des conséquences d’une inondation, directement ou indirectement :

  • Si le site de production se situe dans la zone inondée, les conséquences sont multiples : outre les risques sanitaires liés aux boues et pollutions charriées par les eaux, les coupures électriques, les pertes de stocks, la destruction de l’outil de production, l’impossibilité pour les employés de se rendre sur le site… entraînent des arrêts d’activité. De plus, une inondation dépassant généralement le cadre d’un seul site industriel, ce sont aussi les sous-traitants locaux, situés dans la même zone, qui peuvent être touchés.
  • Du fait de la mondialisation des chaînes d’approvisionnement, une entreprise peut aussi souffrir d’une inondation sur un autre continent. Western Digital, une société américaine de fabrication de composants informatique, a ainsi dû annoncer fin 2011 qu’elle ne pourrait livrer que 120 millions de disques durs alors que la demande pour les fêtes de fin d’année était évaluée entre 170 et 180 millions d’unités. De quoi provoquer notamment une pénurie dans les magasins français, et un sérieux manque à gagner pour l’ensemble des entreprises en aval de la chaîne d’approvisionnement !

 

L’inondation, un risque majeur sous-estimé

Malgré l’aspect particulièrement destructeur des inondations, ce risque naturel est très largement sous-estimé. Sa perception est faussée par la faible récurrence des inondations exceptionnelles. Pourtant, ce risque est prépondérant au niveau mondial du fait de :

  • sa fréquence (avec 1822 occurrences entre 2001 et 2010, les inondations représentent le quart des catastrophes naturelles)
  • la grande variété des types d’inondation (débordement, ruissellement, remontée de nappe, tsunami, rupture de protection, etc.)
  • sa circonscription (quelques hectares ou à l’échelle d’une grande région comme le bassin de la Seine).

Ce déni du risque rend dès lors difficile son identification et complique la mise en place de moyens de protection efficaces.

 

Des étapes-clé dans la prévention des inondations

Les meilleurs moyens de se prémunir des dommages d’une inondation restent la prévention et la précaution, afin de réduire le degré d’exposition au risque et son impact si ce dernier est inévitable. « Sans moyens et réelles mesures de prévention, l’eau est inarrêtable », prévient Jean Chevalier, Spécialiste Inondation, Opération Europe du Sud de FM Globallors des premières assises nationales des risques naturels organisées en janvier dernier à Bordeaux.
Au niveau de l’entreprise, une prise de conscience du risque est donc un préalable à toute protection. Puis viennent trois étapes-clé :

  • Identifier et analyser les risques d’inondation
    Au-delà des références historiques, il est nécessaire d’étudier les risques actuels et leur évolution. Pour cela, il est possible de s’appuyer sur des cartographies de zones inondables, sur des données topographiques, sur l’intensité des pluies, etc. Des informations qui se sont développées en France et dans le monde ces dernières années mais qui restent parfois limitées. D’où l’intérêt de faire appel à l’expertise des ingénieurs FM Global et à leurs études de vulnérabilité, qui vont étendre leurs recherches pour identifier les risques le plus précisément possible, en analysant par exemple l’ensemble des cours d’eau sur un site donné, même les plus petits.
  • Se préparer contre les risques d’inondation
    La première recommandation relève du bon sens : éviter de construire en zone inondable (80 % des sinistres de FM Global liés aux inondations ont eu lieu sur des sites situés en zones inondables*). Mais quand les contraintes industrielles et démographiques poussent les entreprises à prendre ce risque, il est encore possible de prendre des mesures de prévention. « Notre retour d’expérience montre que les dommages ont été réduits par quatre sur les sites les mieux préparés* », précise Jean Chevalier. À titre d’exemple, à Prague, deux hôtels voisins ont subi les inondations de 2002 : celui qui avait préparé son plan de prévention a rouvert en 3 mois, l’autre, non préparé, n’a pu rouvrir qu’au bout d’un an. La gestion post-sinistre sera ainsi d’autant plus difficile et d’autant plus longue que le risque n’a pas été anticipé.
  • Se protéger en cas de sinistres inondation
    En se basant sur les études de vulnérabilité, qui auront permis d’identifier les points faibles du site, deux plans sont recommandés :

    • Un plan de protection qui peut passer par l’installation de digues mobiles, de batardeaux, la surélévation ou le déplacement dans des pièces non sujettes à inondation d’équipements sensibles (armoires électriques, serveurs informatiques), etc.
      Dans le magasin Hermès de Venise, en Italie, par exemple, exposé chaque année à l’“Aqua Alta”, toutes les installations électriques ont été déplacées à l’étage et le mobilier est dorénavant suspendu à 30 cm du sol.
    • Un plan d’urgence afin de déterminer les procédures d’alerte, l’organisation et l’entraînement de l’équipe d’intervention, la personne habilitée à prendre des décisions (pour interrompre des opérations-clés si nécessaire), le matériel et les instructions nécessaires (pour réagir dans les meilleurs délais), etc.
      « Notons que sur 72 cas pour lesquels un plan d’urgence existant a été appliqué avec efficacité, les dommages se sont élevés à 1,2 millions d’euros en moyenne. Pour les 46 autres cas sans plan d’urgence (ou avec un plan inefficace), la moyenne des dommages atteignait 4,2 millions d’euros*» illustre Jean Chevalier.

Si les inondations ne pourront jamais être éradiquées, leurs conséquences peuvent être, elles, diminuées grâce à l’ensemble de ces mesures. Les moyens engagés doivent alors être considérés comme un investissement et non comme un coût : les dépenses sont généralement de l’ordre du centième des coûts engendrés par les sinistres s’il n’y a pas de protection. Notamment car elles permettront d’assurer la continuité de l’activité, conférant ainsi à l’entreprise un avantage compétitif certain dans un environnement fortement déstabilisé.

 

* Selon l’étude de sinistres inondations réalisée par FM Global sur une période de dix ans

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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