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Incendies dans le secteur alimentaire

Bien que des progrès aient été accomplis à travers le monde, l’utilisation de panneaux sandwich combustibles et un manque de sprinklers continuent de faire des ravages dans certaines usines agroalimentaires en Europe.

Bottling plant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fin octobre 2014, un incendie a ravagé une usine du Moulin de la Chaume à La Voulte-sur-Rhône, en Ardèche. Le Moulin de la Chaume, qui n’est pas assuré par FM Global, est l’un des principaux fournisseurs d’Intermarché en pain et viennoiseries.

L’incendie a entraîné un arrêt de la production pendant 18 mois, les 85 employés se sont retrouvés temporairement au chômage technique et l’économie locale en a pâti un certain temps.

L’incendie s’étant propagé sur près de 9 500 mètres carrés, le sinistre a été qualifié de « désastre économique ». Au total, près de 34 millions d’euros ont été nécessaires pour faire reconstruire le site.

Cet incendie illustre une tendance préoccupante dans l’industrie agroalimentaire, qui est loin de ne concerner que Le Moulin de la Chaume.

Quelques exemples d’entreprises touchées par un incendie dans le secteur agroalimentaire

  • En février 2016, un incendie a détruit l’usine de viande porcine et bovine de Paderborn à Westfleisch, en Allemagne, entraînant plusieurs centaines de millions d’euros de dégâts et mettant en péril les emplois de 157 personnes.
  • En 2014, l’immense usine de jambon de Campofrío à Burgos, en Espagne, a été ravagée par le feu, menaçant l’économie de cette ville. Près d’un millier d’ouvriers dépendaient de cette usine, qui a rouvert ses portes fin 2016.
  • En 2015, un incendie a également détruit l’une des plus grandes usines de pommes de terre d’Europe (Clarebout Potatoes) à Neuve-Eglise, en Belgique.

Un feu nourri par deux types de défaillance

Toutes ces usines avaient en commun deux paramètres qui ont joué en leur défaveur, et rendaient d’autant plus probable le déclenchement d’incendies de cette ampleur.

Premièrement, aucune usine n’était équipée de sprinklers, qui auraient pu éteindre le feu dans ses premiers stades ou, du moins, le circonscrire jusqu’à l’arrivée des pompiers.

Deuxièmement, toutes étaient équipées de panneaux sandwich, isolés par du plastique alvéolaire (en mousse) peu résistant au feu, n’ayant pas obtenu la certification nécessaire pour éviter la propagation du feu. Ce matériau a contribué à la progression fulgurante et massive de l’incendie, jusqu’aux bâtiments adjacents.

Ces panneaux sandwich en plastique rendent le travail des pompiers très dangereux, car ils dégagent une fumée noire et dense, qui oblige les pompiers à attaquer l’incendie depuis l’extérieur.

Tirer des leçons du passé

L’utilisation de panneaux sandwich isolés par du plastique non ignifugé représente un danger depuis au moins 25 ans. Suite à une série de grands incendies, les usines dotées de ce type de construction combustible — et, qui plus est, n’étant pas protégées par des sprinklers — ont eu du mal à trouver des compagnies d’assurance prêtes à les assurer, car le risque d’incendie est l’un des plus difficile à couvrir. Les assureurs étaient donc plutôt frileux à l’idée de couvrir une activité soumise à de tels risques.

Après avoir subi une série d’incendies il y a une dizaine d’années, Danish Crown, premier abattoir porcin d’Europe, a vu ses primes d’assurance tripler et s’est vu imposer une franchise non négligeable.

L’entreprise a donc mis en place une stratégie proactive de gestion des risques, axée sur les critères suivants :

  • Contrôle des sources d’inflammation
  • Interdiction des plastiques, pour l’isolation de chambres froides par exemple, dont le comportement au feu, y compris la production de la fumée, n’a pas été certifié.

Conséquences d’un incendie sans sprinklers

D’après une étude menée par FM Global sur les incendies dans des usines agroalimentaires, 88 incendies ont été constatés sur une période de cinq ans (de 2010 à 2014).
Dans une usine équipée d’un système de sprinklers pleinement opérationnel, le montant moyen des dégâts s’élevait à environ 540 000 euros ; dans une usine dépourvue de sprinklers, ou dont le système de protection était inadéquat, le montant des dégâts s’élevait à environ 7,8 millions d’euros, soit près de 15 fois plus que dans le premier cas.

Pourtant, les enjeux vont bien au-delà des dégâts matériels. Plus de 18 mois sont nécessaires pour reconstruire une usine alimentaire et, dans de nombreux cas, les travaux ne sont jamais entrepris : la production est délocalisée dans un autre site, en dehors de la région, voire à l’étranger.

Lorsqu’une usine est équipée d’un système de sprinklers, l’issue est tout autre. En témoigne l’incendie qui a éclaté en 2015 dans l’usine de pain et de viennoiserie Rank Hovis à Manchester, au Royaume-Uni : les sprinklers ont circonscrit le feu et l’activité a pu reprendre dès le lendemain — un scénario classique dans les usines équipées de sprinklers performants.

Rénover une usine pour atténuer les risques d’incendie

Les compagnies d’assurances, tout comme les gouvernements, recommandent de remplacer les panneaux sandwich non certifiés ou d’installer des sprinklers.

Les panneaux sandwich approuvés par FM, par exemple, ont un excellent comportement anti-feu et évitent la propagation de l’incendie dans le panneau lui-même. En matière de protection incendie, ils sont donc comparables à des panneaux non-combustibles.

Mais ces deux solutions ensemble (le remplacement des panneaux et l’installation de sprinklers) sont jugées très onéreuses, et rares sont les entreprises qui y recourent lors de travaux de rénovation.

Quoi qu’il en soit, les entreprises ayant subi un incendie important font le choix d’y recourir. Ainsi, suite à un incendie dans la boulangerie La Lorraine en Belgique en 2008, l’usine a été reconstruite avec des sprinklers. Sinon, remplacer des panneaux par des panneaux approuvés par FM, sans installer de sprinklers, devrait permettre de limiter fortement la propagation du feu là où il n’y a pas d’autre charge combustible importante. En revanche, la mise en place de sprinklers peut permettre de circonscrire l’incendie à une zone restreinte et réduire la durée d’interruption de la production.

Ces rénovations pouvant être planifiées et installées en fonction des finances de l’entreprise, la question est la suivante : une entreprise agroalimentaire peut-elle se permettre de ne pas protéger une usine importante par des sprinklers ?

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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