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Identifier les risques atypiques

Les émeutes de Londres d’août 2011 et les inondations en Thaïlande de novembre 2011 ont en commun de rentrer, pour les assureurs de risques industriels, dans la catégorie des risques « atypiques ». Comment appréhender et anticiper ces risques ? Comment les assurer ? Éléments de réponse avec Peter Solloway, Directeur du développement commercial de l’Europe Continentale chez FM Global.

 

 

D’ordre général, les compagnies d’assurance assurent des risques qu’elles sont capables d’identifier et d’appréhender. Dans cette optique, les risques atypiques, comme les crises sanitaires, les évènements climatiques ou encore les cyber-attaques, représentent un véritable défi. Comment, par exemple, les entreprises de l’industrie culturelle britannique auraient-elles pu anticiper l’incendie qui a touché l’entrepôt Sony pendant les émeutes de Londres ?

Dans une interview accordée à la Revue du Courtage, Peter Solloway, Directeur du développement commercial de l’Europe Continentale chez FM Global, définit en effet un aspect du risque atypique comme étant « ce à quoi on ne s’attend pas, un peu comme le cygne noir dont on sait qu’il existe et qu’on est toujours surpris de voir surgir, à l’instar du 11 septembre 2001 qui a surpris tout le monde, même si le marché mondial de l’assurance évoquait l’éventualité d’un tel drame, un jour, sans y être forcément préparé. »

 

D’autres critères que la nouveauté pour définir les risques atypiques

Si l’innovation technologique est souvent la source de risques atypiques, la nouveauté n’est pas le seul critère à considérer, loin s’en faut.

Ainsi, « même si l‘on considère dans les risques atypiques tout ce qui a trait aux nouvelles technologies, aux nouvelles matières, aux nouvelles tendances dans les industries, comme les nanotechnologies par exemple, d’autres critères sont à prendre en compte », explique Peter Solloway. Quatre indicateurs en particulier permettent de définir des risques atypiques :

  • le caractère imprévisible et l’effet choc des dommages : c’est notamment le cas lorsqu’il s’agit de certaines catastrophes naturelles ;
  • l’ampleur des dommages et de leurs conséquences : « un risque atypique, quand il survient, entraîne généralement des pertes financières très importantes. Dans des situations exceptionnelles comme lors des catastrophes naturelles qui ont touché le Japon début 2011, c’est le cumul de catastrophes qui alourdit gravement le bilan », développe Peter Solloway ;
  • la complexité des chaînes d’approvisionnement impliquées dans le sinistre : une catastrophe majeure frappant la Chine ou l’Inde, par exemple, impacterait sans doute de manière significative une grande partie de la production mondiale ;
  • le ratio perte d’exploitation / dommage direct : « les risques atypiques concernent souvent des activités pour lesquelles ce ratio est élevé, c’est-à-dire que le montant des pertes est fortement décorrélé de la valeur des biens impliqués », précise-t-il.

 

Identifier les risques atypiques : un effort conjoint indispensable

Pour s’en prémunir au mieux, la meilleure solution reste l’identification des risques, en amont, afin de mettre en place les mesures de protection et de prévention adéquates.

« Les risques atypiques sont trop souvent découverts lorsqu’ils surviennent, lorsqu’il y a des incidents majeurs et que le mal est fait », déplore Peter Solloway. Ce fut notamment le cas au milieu des années 1990 avec les semi-conducteurs. Si tout le monde présumait qu’un risque majeur les impliquant pouvait survenir, personne n’avait jusqu’à lors d’exemple concret. « L’exposition au risque incendie a été mal cernée à l’origine, à cause du manque d’information sur l’inflammabilité des outils de production », rappelle Peter Solloway.

Identifier plus tôt et mieux appréhender les risques atypiques, c’est justement l’un des rôles du pôle de recherche de FM Global, à travers :

  • des études qui sont menées tout au long de l’année, en partenariat avec les entreprises sociétaires, pour déterminer quelles sont les nouvelles matières, les nouvelles tendances et ainsi découvrir les risques qui y sont associés ;
  • des examens en profondeur qui sont effectués lorsqu’un sinistre lié à un risque atypique survient, afin de proposer des solutions alternatives et de développer des protections spécifiques pour éviter qu’un tel incident ne se produise à nouveau.

« Les mesures de prévention et de protection “classiques” permettent de réduire la sensibilité au risque, développe Peter Solloway. Mais dans le cas de catastrophes naturelles par exemple, il faut bien connaître l’environnement local de son client : risques sismiques, ouragan, cyclone, etc. En utilisant ainsi des normes de protection supplémentaires, en complément des normes locales qui peuvent s’avérer insuffisantes, on peut atténuer l’ampleur des dégâts si le sinistre se produit. »

Les échanges entre les entreprises sociétaires et l’assureur, au travers des ingénieurs de terrain, des ingénieurs de comptes, ou encore des loss adjusters, sont donc primordiaux pour faire face aux risques atypiques. « Il est très important d’avoir un double-niveau de discussion, précise Peter Solloway. Avec la direction du site, pour être au plus près des tendances et bien comprendre l’environnement local, et avec la direction de l’entreprise ou du groupe, pour adopter une stratégie cohérente de protection des risques. » De quoi proposer, in fine, une police d’assurance avec les garanties les mieux adaptées à la situation. « Les risques atypiques nécessitent en effet de définir des contrats sur-mesure car une garantie dommages classique peut couvrir certains risques atypiques mais pas forcément tous », conclue Peter Solloway.

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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